À deux pieds du crash aérien sur la capitale (01/09/2006)

Hier matin, le moteur d’un avion de la SN Brussels Airlines volant au-dessus de Woluwe a rendu l’âme

BRUXELLES Émoi dans le ciel de Woluwe-Saint-Pierre et de la commune voisine de Wezembeek-Oppem. Hier, vers 11 h 35, un Airbus A330-300 de la compagnie SN Brussels Airlines était aperçu rasant les maisons de ces deux localités à environ 200 mètres d’altitude, selon plusieurs témoignages. Une image surprenante d’autant que l’appareil présentait un train d’atterrissage sorti.

En nette difficulté, l’avion, qui devait effectuer une liaison vers Kinshasa en RDC (via Douala au Cameroun) avec 276 passagers à son bord, avait en fait perdu l’usage de l’un de ses deux moteurs. En phase de décollage, étape cruciale dans une manoeuvre aéronautique, cette avarie peut virer au crash.

Immédiatement, le pilote a appelé la tour de contrôle. Belgocontrol, régulateur du ciel, a alors déclenché la phase d’urgence. Tous les décollages et les atterrissages de et sur les aéroports de Bruxelles-National et de Charleroi (Brussels South) ont été interrompus. L’Airbus, qui était parvenu entre-temps à gagner une altitude de 6.000 pieds, a alors tourné sur la capitale afin de perdre du poids. Une demi-heure à trois quarts d’heure après la panne du moteur, l’appareil de la compagnie belge effectuait un atterrissage à Zaventem, habilement maîtrisé par le pilote. Il faut dire que lors de leur formation, les pilotes de l’aviation civile apprennent à maîtriser ce genre de situation. À leur sortie, les passagers ont été pris en charge par le personnel de la SNBA. Ils espéraient hier pouvoir reprendre le cours de leur voyage sur un autre appareil.

Pour les spécialistes, l’incident survenu hier est rare et sérieux. Il aurait pu conduire à un crash aérien sur le territoire de la région de Bruxelles-Capitale. « La résolution de cet incident montre que les procédures mises en place ont été conçues en fonction de la sécurité », tempère toutefois Belgocontrol.

Au moment du bouclage de cette édition, aucun élément ne pouvait encore dire ce qui a bien pu engendrer l’avarie du moteur de l’Airbus. « L’enquête nous le dira », explique Cédric Leurquin, porte-parole de la SNBA. Celle-ci sera menée de façon indépendante à la demande de la direction générale du transport aérien. « Il faut également savoir que le pilote a renseigné les tenants et les aboutissants du problème à ses passagers en leur disant également que la situation était sous contrôle », ajoute Cédric Leurquin.

En tous les cas, la frayeur sur le plancher des vaches a été bien réelle (lire ci-dessous). D’après les premiers témoins qui ont alerté la presse et le service de médiation de l’aéroport de Bruxelles-National, « on observait les visages des passagers sans aucun problème tellement l’avion était bas. »

K. F.
_ © La Dernière Heure 2006

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On a évité la catastrophe ! (01/09/2006)

WOLUWE-ST-PIERRE  » J’ai entendu un bruit effrayant. Je n’entendais plus ma radio qui allait pourtant très fort. Tout s’est mis à trembler. Ça m’a fait sortir de ma boutique et j’ai alors vu le reflet de l’avion dans les vitrines d’en face. » Commerçante sur la place Dumon, à Woluwe-Saint-Pierre, Colette admet avoir craint le pire lors du passage, à très basse altitude, de l’Airbus mis en difficulté par une panne de réacteur, hier en milieu de journée. « Ça vibrait, il était vraiment très bas et j’avoue que cette fois-ci, j’ai eu peur. Sinon, on a l’habitude des avions. Depuis le mois de juillet, on a l’impression qu’ils atterrissent sur la place. Mais j’ai l’impression que ce coup-ci, on a évité la catastrophe. »

« Je me suis dit que là, il y avait un problème. L’avion volait à dix centimètres des toits », exagère sans doute un tantinet Ingrid, vendeuse dans une parfumerie de la place sanpétrusienne. Mais globalement, les habitants de Woluwe-Saint-Pierre ne semblent pas avoir cédé à la panique. Beaucoup n’ont même pas remarqué le passage de l’avion. « Je n’ai rien entendu. Pourtant, j’étais là », nous glisse un opticien. Même discours à la librairie.

Carlos, par contre, se souviendra du 31 août 2006. « J’étais en train de charger ma voiture, raconte le serrurier. Ça s’est évidemment passé très vite mais on voyait presque la tête des passagers. En tout cas, on se rend compte que ça pourrait nous tomber dessus n’importe quand ! »

« J’avoue que ça m’a traversé l’esprit, raconte Dominique. S’il y en a un qui rate son coup, on est mal ! C’est vrai que les avions font parfois du bruit, mais ce n’est pas pire qu’à Singapour. » Un jeune habitant de Woluwe-Saint-Pierre nous confiait un peu plus tard ne pas avoir pu manger dehors cet été à cause du bruit des avions.

À écouter les habitants du coin, les couloirs aériens en vigeur à Zaventem sont la source de réelles nuisances.

Ma. C.
_ © La Dernière Heure 2006