Le paiement des astreintes approche

Evelyne Huytebroeck dit qu’elle n’attendra pas 6 mois avant de les exiger.
«Les solutions de Bruxelles datent d’octobre 2005 », dit la ministre de l’Environnement.

Ph.Law.

Les arrêts du conseil d’Etat de mercredi validant les normes de bruit à ne pas dépasser dans le ciel de Bruxelles n’ont pas plu à tout le monde, en particulier à des responsables politiques flamands et aux compagnies aériennes opérant sur le site de l’aéroport de Bruxelles-national. D’après eux, la décision va causer du tort à l’aéroport qui risque d’être limité dans son développement. Il pourrait même être confronté à des délocalisations d’activités et par ricochet à des pertes d’emplois. «Faux. Sur environ 350 000 mouvements à Zaventem, seuls 2 597 sont en infraction par rapport aux normes en vigueur à Bruxelles et donnent lieu à des amendes», soutient Evelyne Huytebroeck (Ecolo), la ministre bruxelloise de l’Environnement.

Force de la décision de l’assemblée générale bilingue du conseil d’Etat qui confirme la légalité de l’«arrêté bruit» pris par son prédécesseur, Didier Gosuin (MR), elle demande, en choeur avec le ministre-Président bruxellois, Charles Picqué (Ecolo), au ministre fédéral Renaat Landuyt (SP.A) de réunir rapidement les négociateurs pour trouver rapidement une solution au dossier. A défaut, elle menace d’exiger le payement des astreintes que la Région bruxelloise est en droit d’exiger du fédéral en vertu du jugement de la cour d’appel de Bruxelles de juin 2005 (25 000 € par mouvement en infraction constaté). «Les astreintes sont plus que jamais d’actualité. Le ministre Landuyt doit prendre l’initiative et nous faire des propositions constructives et réalistes. Je n’attendrai pas six mois avant d’exiger le paiement des astreintes», menace-t-elle.

70 routes à Zaventem

Concernant les solutions à mettre en place pour éviter aux compagnies aériennes de devoir payer des amendes, elle rappelle que le gouvernement bruxellois en a mis sur la table depuis octobre 2005. En effet, sur les 70 routes qui sont dessinées pour les avions décollant ou atterrissant à Bruxelles-National, elle souligne que 8 d’entre elles sont source de nuisances (insupportables?) pour les riverains. «Au départ de la piste 25L, trois routes posent fondamentalement problème, car elles remontent vers le nord et traversent tout Bruxelles, nous proposons de déplacer ces routes sur la piste 25R», détaille Evelyne Huytebroeck. Outre Bruxelles, les communes de Schaerbeek, de Woluwe-Saint-Lambert et de Woluwe-Saint-Pierre sont également touchées par les avions empruntant ces trois routes. Bruxelles avait proposé d’installer des balises pour mieux définir la «route du ring».

Le gouvernement de Charles Picqué avait également suggéré que la route vers Huldenberg (avec virage à 4 000 pieds) et qui pénalise aussi les habitants de Neder-over-Hembeek, de Laeken et de Jette soit utilisée seulement à partir de 7h du matin au lieu de 6h actuellement. Il s’agit-là d’une demande visant à élargir la nuit d’une heure comme c’est le cas sur d’autres plates-formes aéroportuaires comme Orly, Stockholm et Zurich. Une demande de déplacement de la route Chabert qui traverse Bruxelles de part en part était également sur la table.

Eu égard à un autre arrêt du conseil d’Etat pris mercredi et qui interdit l’usage préférentiel de la piste 20 le samedi pour les décollages, le CDH est monté jeudi au créneau pour dénoncer l’attitude du ministre Landuyt qui rejette son impuissance à décider sur Bruxelles et les juges.

© La Libre Belgique 2006