Jeu de dupes au-dessus des Bruxellois ?

Ph.Law.

D’après Didier Gosuin, la discrétion qui entoure désormais le dossier du bruit des avions de Bruxelles-National ne présage rien de bon pour les Bruxellois riverains de l’aéroport national. «Il y a un jeu de dupes et nous n’allons pas nous laisser faire, peste le ministre bruxellois de l’Environnement. D’un côté, on décide à Grand-Leez, lors d’un Conseil des ministres extraordinaire, d’étudier la possibilité pour DHL de développer ses activités aéroportuaires nocturnes en Belgique et de choisir le site (Zaventem ou Bierset?) via un accord de coopération à conclure début septembre 2004 entre le fédéral et les Régions concernées. De l’autre, Biac, entreprise publique, demande le renouvellement et la modification de son permis qui vise à supprimer toutes les conditions de bruit la nuit qui lui sont actuellement imposées.»

Dans sa demande de permis d’environnement rentrée le 5 janvier, le gestionnaire du site souhaite la levée de la limite des 25000 vols de nuit par an et des quotas de bruit à respecter au décollage. La dérogation ressemble étrangement à l’une des exigences de DHL qui veut étendre son activité prioritairement à Zaventem. Or, seules 4 communes (Zaventem, Steenokkerzeel, Machelen, Kortenberg) sont consultées dans le cadre de l’enquête publique qui se termine le 25 février. Les autorités flamandes n’ont, en effet, pas l’intention de consulter les communes bruxelloises (Auderghem, Ganshoren, Jette, Woluwe-St-Pierre et St-Lambert, Evere, Schaerbeek, Bruxelles) également touchées par le bruit. «Je ne fais pas de procès d’intention, mais si Biac obtient en mai son nouveau permis, les décisions de Grand-Leez seraient alors court-circuitées. Je serai donc dégagé de tout engagement et poursuivrai l’adaptation de notre arrêté de lutte contre les nuisances sonores pour se conformer aux normes de l’OMS. Sans oublier les recours juridiques» , martèle Didier Gosuin. Il va envoyer le dossier de Biac aux communes bruxelloises écartées de l’enquête en les invitant à organiser une «enquête publique bis» .

Les riverains de l’asbl Bruxelles Air Libre Brussel s’opposent déjà au souhait de Biac. Le ministre bruxellois va mandater un avocat pour défendre les intérêts de la capitale. Il demande aux ministres fédéraux Anciaux et Vande Lanotte de donner instructions pour que Biac retire son projet afin de garantir la sérénité. Quid des riverains du nord et de l’est de Bruxelles?

© La Libre Belgique 2004