ELIO DI RUPO S’IMPLIQUE CURIEUSEMENT DANS LE DOSSIER AVION

L’association Bruxelles Air Libre Brussel s’Ă©tonne des dĂ©clarations faites par M. Elio Di Rupo, ancien Ministre de transports et actuel Ministre-PrĂ©sident de la RĂ©gion wallonne, ce matin Ă  la RTBF :

Nous citons : « Tout allait très bien jusqu’Ă  ce qu’arrive Madame Durant, qui a cru devoir changer la situation. Elle a très mal agi. Pour des raisons de sĂ©curitĂ© j’estime, avec Charles PicquĂ©, qu’il ne faut pas survoler les zones densĂ©ment peuplĂ©es. »

M. Di Rupo oublie-t-il que c’est l’ensemble du gouvernement Verhofstadt I, dont Mme Onkelinx Ă©tait vice-première, qui a pris la dĂ©cision de concentrer les vols, en prenant exemple sur l’aĂ©roport de Schiphol, et qui a demandĂ© Ă  Madame Durant de mettre en oeuvre cette dĂ©cision, en accord avec les 2 rĂ©gions concernĂ©es et sur base d’une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par des experts internationaux ?

C’est Mme Onkelinx qui a instaurĂ©, pour la première fois, une route de nuit dite « du canal » (baptisĂ©e aussi « route Onkelinx »), qui traverse Bruxelles de part en part en passant Ă  proximitĂ© d’un site Seveso et qui rĂ©veille des dizaines de milliers d’habitants de Bruxelles-Ville, d’Evere, de Schaerbeek, de Laeken, de Molenbeek, d’Anderlecht… (dont bon nombre n’ont d’ailleurs pas les ressources nĂ©cessaires pour protester).

C’est le gouvernement Verhofstadt II, toujours avec Mme Onkelinx comme vice-première, qui a inscrit dans sa dĂ©claration la dispersion des vols (et donc le survol de zones densĂ©ment peuplĂ©es).

Mme Onkelinx a ensuite laissĂ© le ministre fĂ©dĂ©ral de la mobilitĂ© Bert Anciaux mettre en place le matraquage aĂ©rien de Bruxelles et de sa pĂ©riphĂ©rie Est (habitĂ©es par des citoyens nĂ©erlandophones ET francophones) sans jamais le rappeler Ă  l’ordre, contrairement Ă  ce qui s’est passĂ© avec Mme Durant.

M. P. Klees, membre du PS, a, quant Ă  lui, organisĂ© la vente de la sociĂ©tĂ© BIAC Ă  une sociĂ©tĂ© anonyme australienne qui ne s’est vu imposer aucune limite Ă  l’expansion de l’aĂ©roport de Zaventem, ni aucune contrainte environnementale sĂ©rieuse.

Par ailleurs, quand M. Di Rupo affirme que « tout allait très bien », il devrait prĂ©ciser « tout allait très bien dans le plus grand mĂ©pris des plaintes des victimes de l’aĂ©roport ». En effet, avant Mme Durant – et Mr Anciaux – tous les ministres responsables successifs, en ce compris lui-mĂŞme, ont totalement ignorĂ© les rĂ©clamations des citoyens survolĂ©s. C’Ă©tait commode, Ă©videmment.

Il est plus facile de dĂ©signer et accabler un bouc Ă©missaire, plutĂ´t que d’admettre que l’aĂ©roport de Zaventem reprĂ©sente 60 annĂ©es de gestion Ă  la petite semaine, de manque de prĂ©voyance et de non-gouvernance !

Il nous reste à espérer que M. Picqué et Mme Onkelinx empêcheront le gouvernement fédéral de bétonner le survol de toutes les zones densément peuplées et le contraindront à indemniser correctement les habitants des zones faiblement peuplées qui seront survolées, comme cela se pratique dans les autres démocraties européennes.