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Survol de Bruxelles : le contre-la-montre très serré de Crucke
(05-10-2026)
Selon une décision de justice de 2025, des mesures concrètes doivent être prises
pour le 1er octobre. Le conseil des ministres du gouvernement fédéral n’a abouti à rien vendredi. Jean-Luc Crucke assure qu’il respectera le délai.
Source : Le Soir (29 septembre 2026)
Aussi fameux qu’interminable, le dossier du survol de Bruxelles par les avions desservant l’aéroport national à Zaventem est appelé à connaître un nouvel épisode dans les prochaines heures. En février 2025, l’Etat belge avait été condamné (ce n’est ni la première, ni sans doute la dernière fois dans ce dossier) par le tribunal de première instance francophone de Bruxelles à compléter l’étude d’incidences de l’aéroport de Bruxelles (la première version est considérée comme lacunaire) et à prendre des décisions pour diminuer les nuisances pour les riverains survolés. La première obligation était imposée pour juin 2026, elle a été remplie. La deuxième arrive à échéance le 1er octobre 2026. Dans quelques heures. Il y aura encore une étape, fixée pour décembre, où le gouvernement fédéral devra justifier ses choix. Vendredi, le point était inscrit à l’ordre du jour du conseil des ministres. Il n’en est rien sorti de concret. « On y travaille » est tout ce qu’on peut obtenir comme analyse au cabinet du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés).
Ce qui est sur la table serait, sans surprise, assez technique peut-on apprendre. Et concerne avant tout les normes de vent à respecter/imposer qui, elles-mêmes, déterminent l’usage préférentiel des pistes (système dit « PRS » Preferential Runway System). Selon la tolérance accordée à la vigueur du vent, y compris les rafales, l’utilisation des routes 25 et des procédures qui survolent le moins d’habitants peuvent être privilégiées. Mais ces choix posent des interprétations politico-linguistiques délicates entre francophones et néerlandophones et provoquent le blocage de toute tentative d’évolution depuis des années.
10000 Euros d'astreintes par jour
La condamnation de février 2025 est pourtant claire et insistait aussi sur l’exaspération de la justice face à l’indécision récurrente, voire chronique, du fédéral à prendre des décisions concrètes. Quitte à continuer à payer des astreintes depuis des années à la Région de Bruxelles-Capitale – plus de 40 millions à ce jour et ça continue à grimper. En 2025, donc, l’Etat fédéral était condamné à prendre des mesures concrètes avant le 1er octobre 2026 pour mettre fin aux violations des normes de bruit de la Région bruxelloises concernant l’utilisation des routes du Canal, du Ring et celle dite du virage à gauche, ainsi que les atterrissages en 01. En cas de non-respect, les astreintes s’appliquent, dès le 1er octobre, à raison de 10.000 euros par jour (plafonné à maximum 2 millions, soit 200 jours). S’il n’y a aucune décision d’ici jeudi, la facture continuera donc à enfler et à alourdir une dette de l’Etat qui pourrait allègrement s’en passer. « La date est bien connue, le ministre s’y tiendra » assure-t-on au cabinet Crucke.
Puis l’exercice ne sera pas encore terminé puisque, pour le 1er décembre 2026, le gouvernement fédéral devra obligatoirement détailler les motivations de ses décisions… qui fourniront certainement, à leur tour, un moyen d’attaque aux opposants au survol.L’intérêt de s’accorder sur des mesures est multiple. Car, depuis la condamnation de 2025, d’autres plaintes se sont ajoutées, notamment, cette année, sur l’utilisation de la procédure dite RNP 07 L que des associations de riverains ainsi que plusieurs communes dénoncent comme survolant inutilement 450.000 habitants là où des solutions de survol de dix fois moins de personnes existent. Ces actions en justice étant déposées, le fédéral, donc son ministre de la Mobilité, a intérêt à l’intégrer dans sa recherche de solution. En août dernier, lors de l’annonce d’une nouvelle salve d’actions en justice, Jean-Luc Crucke avait répondu à l’agence Belga : « La réponse à cette situation doit être structurelle et venir du gouvernement. Après des années d’immobilisme, seule une décision politique globale peut offrir une solution durable. » Pour constituer sa solution, le ministre dispose de différents outils : l’étude d’impact environnemental (l’étude « Env-isa ») ainsi qu’une étude complémentaire sur l’impact de la procédure en descente continue guidée par satellites vers la piste 07 (dite route RNP 07L ou, depuis plusieurs mois, « route Crucke »).
