Monsieur Klees !

en réaction à [->art493]

Monsieur Klees,

Je tiens à réagir avec la plus grande indignation aux propos que vous avez tenus dans le Soir du 19/05. Votre mépris et votre arrogance à l’égard de la souffrance des riverains sont une provocation absolument scandaleuse. Vos arguments sont fallacieux et non fondés.

En tant que père de famille de 4 jeunes enfants habitant à Kraainem à plus de 5 km de l’aéroport, je peux vous certifier par mon expérience quotidienne que se faire réveiller plus de dix fois la nuit n’a rien de psychologique. Il ne s’agit en rien d’un problème de confort mais bien d’un véritable problème de santé aux conséquences sociales dramatiques, dont le coût faramineux (150 M? par an) est même reconnu par l’état belge. Se plaindre et lutter contre les vols de nuit n’est pas une preuve d’égoïsme mais un devoir envers nos enfants dont vous êtes en train de détruire complètement le cadre de vie.

Vos arguments témoignent par ailleurs de la plus mauvaise foi car

-* Les vols de nuits n’ont rien à voir avec la fonction de capitale de la ville de Bruxelles. Bien au contraire, c’est l’absence de toute politique aéroportuaire cohérente et la dégradation systématique de l’environnement de ses quartiers résidentiels qui ridiculisent notre pays et menacent l’avenir de l’aéroport
-* ni l’isolation, ni les boules Quies ne sont une solution contre les basses fréquences générées par les monstres que vous nous faîtes passer impunément au dessus de la tête en pleine nuit. De plus, trouvez-vous normal que ces mesures inefficaces doivent être payées par les riverains eux-même car ni BIAC ni l’état belge ne prend de responsabilité dans ce domaine?
-* BIAC elle-même n’estime-t-elle pas que des vols de nuit similaires à Bierzet toucheraient dix fois plus de personnes que ce que vous estimez à Bruxelles. Il suffit de comparer une carte des deux régions pour se rendre compte à quel point votre estimation pour Bruxelles est malhonnête.
-* Les aéroports d’autres pays que vous citez ne sont pas enclavés dans des zones densément peuplées comme à Zaventem. Au contraire, beaucoup de villes, comme Paris, ont délocalisé leur aéroport depuis longtemps pour leur permettre de s’accroître de façon saine et responsable.
– Les hommes d’affaires, comme vous dites, dont je fais partie, ne demandent ni les vols de nuits, ni un centre de cargo, ni un hub international à quelques kilomètres du centre ville. Un aéroport urbain leur suffit amplement. A ce que je sache, ni Londres ni Paris n’ont été désertées par les sociétés à cause de la distance de leurs aéroports internationaux.

Vos amalgames grossiers, vos arguments bidons et vos tentatives de culpabiliser les riverains ne servent-ils pas simplement à masquer la dépendance de BIAC par rapport aux vols nuits à cause des investissements pharaoniques que vous êtes incapable de rentabiliser ? C’est bien votre responsabilité qui est en jeu dans ce fiasco, pas la nôtre.

M.dO.

Kraainem