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L’étude qui montre les inégalités du survol de Bruxelles
(03-05-2026)
Deux collectifs citoyens, porteurs d’une pétition qui a dépassé
les 10.000 signatures, interpellent le ministre Jean-Luc Crucke
sur le survol des zones les plus peuplées et les dépassements
des normes sonores bruxelloises.
Source : Le Soir (30 avril 2026)
Quelques semaines après la motion des 19 bourgmestres de la Région de Bruxelles-Capitale réclamant d’une même voix l’arrêt du survol des zones les plus densément peuplées et, grosso modo, l’arrêt des vols de nuit (22 h-7 h du matin), ce sont les moins connus collectifs « Stop au survol de Bruxelles Nord-Ouest & RNP 07L » (07L pour left, gauche) et « Free Air Brussels North » qui remettent une couche de doléances concernant le survol de Bruxelles. Et réclament une réaction du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Engagés).
Forts d’une pétition signée par 10.281 personnes (ce mercredi), contre l’usage de plus en plus fréquent d’une route qui survole 400.000 Bruxellois, les deux collectifs ont étayé un dossier, sur base d’une étude de l’ULB-Igeat sur « les impacts de l’implémentation de procédures PBN pour les atterrissages sur la piste 07L à Brussels Airport », datée du 24 novembre 2025.
L’étude détaille le changement de stratégie dans les procédures d’utilisation des pistes de l’aéroport national de Bruxelles ces derniers mois. Suite à des travaux bloquant l’utilisation de la piste voisine, « l’approche PBN sur piste 07L », brièvement testée en 2018 et 2019, avait été réintroduite durant l’été 2025 suivant certaines conditions météo (sens et force du vent). Elle a été maintenue et utilisée de plus en plus souvent. L’approche PBN est une procédure (Performance Based Navigation) d’approche aux instruments, via satellites, qui permet une arrivée plus précise, en descente continue, officiellement plus économe en bruit et en carburant. Elle est théoriquement obligatoire, en Europe, pour les aéroports comme celui de Bruxelles, depuis le 25 janvier 2024.
En plus d’éléments techniques, l’évaluation de la procédure réalisée par l’Igeat pointe, notamment, deux effets perceptibles par les riverains de l’aéroport : le survol des zones les plus peuplées (alors qu’existent des alternatives) et le non-respect des normes de bruit de la Région bruxelloise. Et confirme que l’utilisation de la piste 07L impacte beaucoup plus d’habitants que celle de la 01 (par ailleurs attaquée par d’autres associations de riverains). Sachant « qu’il faut procéder à une analyse plus fine de bruit pour chaque approche en fonction de l’altitude des avions, des types d’avions, des périodes d’utilisation, l’altitude des avions, etc. Il n’empêche que les ratios de population entre approches sont tels qu’il n’y a aucun doute sur le fait que les approches 07 sont beaucoup plus impactantes que l’approche 01 (ratio de population minimum de 1 à 4,8 et maximum de 1 à 13,5). » L’étude explique aussi l’origine de la stratégie d’utilisation de cette procédure, notamment parce que l’aéroport privilégie l’utilisation des deux pistes 07/25 gauche et droite qui permet une plus grande capacité des pistes (74 mouvements par heure à la place de 50 en utilisant la 01 qui croie les 07), nécessaire pour absorber sa croissance.
Quant au respect des normes de bruit de la Région bruxelloise, l’étude est radicalement claire : « Pour la période étudiée, 1.313 vols en approche sur la piste 07L ont induit une violation des normes de bruit bruxelloises, soit un taux de 96 %. » Même les avions les plus légers sont concernés dans la même proportion.
Questions au ministre Crucke
Sur base de cette étude, les collectifs s’adressent donc directement au ministre Jean-Luc Crucke. Ils rappellent que « l’usage de la procédure RNP 07L a atteint 11,32 % du trafic en quatre mois de 2026, contre 3,24 % en 2024 – soit une multiplication par quatre en moins de deux ans. Dans le même temps, l’usage de la piste 01, qui survole la forêt de Soignes et dont le cône de bruit n’impacte qu’environ 32.000 habitants selon l’étude indépendante de l’ULB-IGEAT, a chuté de 13 % à moins de 4 %. »
En précisant : « Les collectifs se réservent le droit d’engager avec les communes et ASBL, l’introduction de différents recours en justice. Nous précisons que ces démarches ne constituent pas des menaces, mais l’exercice normal des droits que la loi reconnaît aux citoyens et à leurs représentants. » Des risques d’actions en Justice qui s’ajouteraient à tant d’autres… notamment des bourgmestres des 19 communes.
