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Le monde politique défendra-t-il, cette fois, ceux qui vivent autour de l’aéroport ?
(06-05-2026)
C’est une bonne chose que le monde politique revienne dans le cockpit de Brussels Airport. Mais cela signifie-t-il aussi qu’il défendra l’intérêt collectif de ceux qui vivent autour de l’aéroport ?
Source : De Standaard (4 mai 2026)
Depuis des décennies, l’aéroport de Zaventem et les nuisances subies par les riverains constituent un dossier épineux qui, à intervalles réguliers, va même jusqu’à provoquer une crise de migraine aiguë. À la suite de plaintes de citoyens concernant le bruit des avions, on a déjà, par le passé, bricolé les routes aériennes. Mais aucune solution durable n’a jamais vu le jour ; le résultat a plutôt été un conflit social permanent. La fragmentation institutionnelle, qui a opposé frontalement des responsables politiques bruxellois aux autorités fédérale et flamande, n’a pas aidé non plus.
Lorsque l’exploitant aéroportuaire Brussels Airport a été privatisé, en 2004, le conflit n’a fait que s’aggraver. L’État belge a vendu la majorité des actions à des investisseurs privés. Rentabilité et croissance étaient plus que jamais les maîtres mots. On peut difficilement le reprocher au secteur privé, mais celui-ci n’a qu’un objectif principal : faire plus de bénéfices. Et davantage de bénéfices signifie plus de vols, plus de nuisances sonores, plus d’investissements dans ce qui peut rapporter de l’argent et moins dans ce qui améliore le bien-être des travailleurs ou des riverains. Le fonds promis il y a dix ans pour isoler les maisons situées près de l’aéroport est toujours resté une coquille vide.
Il semble que le monde politique, après cinq ans d’absence, occupera à nouveau le siège de président avec l’ensemble de ses pouvoirs. C’est une bonne chose. Non seulement pour contribuer à orienter les décisions stratégiques, mais aussi pour défendre l’intérêt collectif. Au cours de toutes ces décennies de nuisances sonores causées par l’aéroport, il est rare qu’autant de personnes aient été exposées aussi intensément aux nuisances, parce que la route aérienne dominante, du fait d’un vent d’est plus fréquent, passe en plein au-dessus de la partie la plus densément peuplée de Bruxelles.
Assouplir les normes de vent n’apportera guère de soulagement. Si nous voulons résoudre durablement ce dossier épineux, il faudra faire davantage. Pour garantir à tout le moins le repos nocturne, la seule option est d’interdire les vols de nuit et de rendre les normes de bruit plus strictes, et oui, cela aura un coût économique douloureux. Il y a des années, le monde politique a omis de déplacer, quand c’était encore possible, le principal aéroport du pays. Dans une région densément peuplée comme la Flandre, on se heurte inévitablement aux limites de la croissance. C’est à cela que sert le politique : fixer cette limite. Comme tampon et négociateur avec les actionnaires. Du moins si le bien-être et la santé de quelques centaines de milliers de personnes sont suffisamment importants.
