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Bruxelles et la Flandre s'affrontent à nouveau au sujet de Brussels Airport
(07-02-2026)
Les nuisances aériennes au-dessus de Bruxelles augmentent. Le ministre bruxellois sortant Maron veut faire annuler le permis de réaménagement des infrastructures aéroportuaires à Zaventem. Il met ainsi la prospérité économique en péril.
Source : De Standard (6 février 2026)
La discussion sur Brussels Airport entre la Flandre et la Région de Bruxelles-Capitale se ravive. Le ministre bruxellois sortant de l’Environnement Alain Maron (Ecolo) a mis le feu aux poudres en lançant une procédure en annulation contre le permis que la Flandre a délivré fin de l’année dernière pour un réaménagement des infrastructures aéroportuaires.
Il s’agit du projet dit Hub 3.0, avec lequel l’aéroport veut notamment, d’ici 2032, agrandir le terminal, améliorer l’accès en transports publics et construire sur le site un nouvel hôtel et un immeuble de bureaux. Pour cela, la Flandre a délivré un permis le 17 décembre.
Dans le développement de l’« Airport Business District », comme le projet est appelé dans le permis d’environnement, « les restrictions d’exploitation actuellement applicables, tant au niveau fédéral que régional, seront respectées ». C’est ce qui est écrit dans le permis. Autrement dit : il n’y aurait pas de vols supplémentaires.
Avis tacite
Mais M. Maron ne l’entend pas ainsi. Bien que la Région de Bruxelles-Capitale se soit abstenue lors de la procédure et ait ainsi rendu « un avis favorable tacite », selon le permis, M. Maron en a pourtant demandé l’annulation.
Selon le ministre, le permis s’inscrit dans la stratégie de l’aéroport visant à faire passer le nombre de passagers de 23,5 millions à 40 millions. Cela n’est « indéniablement possible que via une augmentation du nombre de vols », peut-on lire dans la requête en annulation, que De Standaard a pu consulter. Cela implique donc aussi davantage de nuisances pour les communes bruxelloises du nord.
À cela s’ajoute le fait que les nuisances sonores de l’aéroport national ont augmenté au-dessus de la capitale ces derniers mois. Mi-janvier, M. Maron avait déjà demandé des éclaircissements au ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Son cabinet confirme que la « route d’approche nord est désormais moins fréquemment utilisée car des vents de nord à est soufflent désormais plus souvent qu’auparavant ». « La route actuellement empruntée s’est décalée vers le sud et entraîne davantage de nuisances », précise-t-on.
Démarche politique
Le ministre flamand de l’Environnement Jo Brouns (CD&V) se dit « indigné » par la procédure en annulation de M. Maron. M. Brouns souligne que la procédure d’octroi du permis a été suivie correctement et que tous les avis (y compris celui de la Région de Bruxelles-Capitale) ont été recueillis. Selon lui, il s’agit d’« une démarche politique qui met la prospérité économique de tout le pays en péril ». Il déclare : « Nous ne permettrons pas que des investissements cruciaux, des emplois et la puissance économique soient pris en otage par un ministre en affaires courantes sans mandat. »
Le débat sur le réaménagement du district d’affaires se déroule parallèlement au renouvellement du permis d’environnement de l’aéroport. Le permis que la Flandre avait délivré il y a deux ans (avec un plafond sur le nombre de mouvements d’avions à Zaventem) a été annulé l’an dernier. La Flandre, devenue l’an dernier le principal actionnaire de l’exploitant Brussels Airport Company, a désormais jusqu’en juin 2029 pour délivrer un nouveau permis.
Pour ce renouvellement, M. Brouns a lancé la semaine dernière la procédure européenne Balanced Approach. Son collègue au sein du gouvernement flamand, le ministre du Climat Hans Bonte (Vooruit), dit vouloir aider à concilier « la force économique » de l’aéroport (en tant que deuxième moteur économique du pays) avec « la qualité de vie ». À cette fin, M. Bonte a rencontré jeudi après-midi les bourgmestres de la périphérie nord flamande.
