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Sous la pression wallonne, le gouvernement fédéral pourrait voir s’envoler des millions de recettes liées à la taxe sur les billets d’avion
(25-03-2026)
Après les vives protestations venues de Wallonie, le gouvernement fédéral est prêt à revoir la taxe sur les billets d’avion. Celle-ci doit rapporter 168 millions d’euros l’année prochaine
Source : De Standaard (25 mars 2026)
La taxe sur les billets d’avion, payée par toute personne qui prend l’avion, passera l’année prochaine de 5 à 10 euros. C’est l’une des décisions prises lors du grand exercice budgétaire de la fin de l’an dernier. La mesure doit rapporter 168 millions d’euros en 2027 et grimperait encore à 184 millions deux ans plus tard. Mais il est fort probable que la taxe sur les billets d’avion ne soit pas maintenue dans sa forme actuelle.
« Cette taxe sur les billets d’avion porte atteinte à l’autonomie des Régions », a écrit le gouvernement wallon début février dans une lettre virulente adressée au Premier ministre Bart De Wever (N-VA). « Vous ignorez les effets négatifs de votre décision sur notre région. » C’était une démarche notable, d’autant que le MR et Les Engagés siègent à la fois au gouvernement fédéral, où la taxe sur les billets d’avion a été décidée, et au gouvernement wallon, où elle est contestée.
Selon le quotidien francophone L’Echo, le ministre-président wallon Adrien Dolimont (MR) a même menacé d’invoquer un conflit d’intérêts contre la taxe, ce qui retarderait la loi-programme de deux mois (actuellement examinée à la Chambre et dans laquelle figure la taxe).
Le gouvernement wallon craint que la taxe sur les billets d’avion n’ait de nombreuses conséquences négatives pour son économie. Il a calculé que la taxe aurait un impact sur 1.100 emplois à l’aéroport de Charleroi et dans ses environs et pourrait représenter pour la Wallonie une perte de plus de 95 millions d’euros de recettes économiques et touristiques. C’est surtout la menace de Ryanair de limiter le nombre de vols à Charleroi qui a marqué le gouvernement Dolimont.
Le gouvernement wallon y a même vu un agenda communautaire, parce que la taxe ne tient pas compte du prix initial des billets d’avion. Toute personne qui prend l’avion paie la même taxe, qu’il s’agisse d’un vol long-courrier ou court-courrier. « C’est discriminatoire. L’aéroport de Charleroi en sera touché de manière disproportionnée par rapport aux autres aéroports », peut-on lire dans la lettre au Premier ministre. « Cette mesure a des effets plus importants pour une région que pour une autre. »
La promesse de M. De Wever
Une nouvelle concertation entre M. Dolimont et M. De Wever a rapproché les deux parties. Le gouvernement wallon n’invoque pas de conflit d’intérêts et la taxe sur les billets d’avion reste dans la loi-programme. M. De Wever craignait de tirer maintenant sur un fil de la loi-programme au risque d’en voir d’autres se défaire. Mais, affirme le cabinet Dolimont : « Le Premier ministre a promis d’adapter la loi sur la taxe sur les billets d’avion et de chercher des alternatives. » Cela reste possible, car la taxe n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2027.
Le cabinet du Premier ministre le confirme, mais de manière un peu moins catégorique. « Le gouvernement fédéral est pleinement conscient que ce prélèvement peut aussi avoir des conséquences économiques pour les différents aéroports, et donc pour les régions dans lesquelles ils sont actifs. C’est pourquoi le Premier ministre s’est engagé à organiser une concertation avec les Régions afin d’évaluer en profondeur ces conséquences économiques potentielles et d’envisager, le cas échéant, des mesures pour y répondre. Les cabinets concernés lanceront cette concertation à brève échéance. »
Auparavant, la ville de Charleroi voulait elle aussi imposer une taxe supplémentaire de trois euros à tous ceux qui utilisent l’aéroport de Charleroi. Cette taxe supplémentaire a été supprimée par le gouvernement wallon. La ville de Charleroi et le gouvernement wallon sont parvenus lundi à un accord définitif à ce sujet.
