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Jean-Luc Crucke veut rafraîchir la fonction de médiateur aérien
(19-03-2026)
L?actuel médiateur aérien a été suspendu pour un mois en début de semaine. Indépendamment de l'analyse de son cas par les services fédéraux, Jean-Luc Crucke entend redéfinir la fonction.et mieux garantir son indépendance, y compris financière.
Source : Le Soir (14 mars 2026)
Deux partis flamands réclament sa démission, la direction de l’aéroport de Bruxelles l’accuse de harcèlement (il envoie au CEO un mail à chaque présomption d’effraction constatée selon son analyse, soit plus de 1.250 par an), une enquête est faite car on le soupçonne de conflit d’intérêts (être membre d’une association de défense des riverains alors qu’il occupe ou a occupé des postes dans des cabinets ministériels et à la Médiation fédérale). Mardi, le médiateur aérien du gouvernement fédéral, Philippe Touwaide, a été suspendu de sa fonction par le ministre de tutelle, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) « avant tout pour apaiser les esprits et dans l’intérêt de l’institution », commente le ministre de la Mobilité. Suspension provisoire d’un mois, le temps que le SPF analyse le dossier et rende ses conclusions ou recommandations.
S’il ne veut pas intervenir ou commenter cette décision, Jean-Luc Crucke en profite pour réfléchir, comme son prédécesseur, à « la nécessaire évolution de la fonction qui mérite un sérieux rafraîchissement. Il faut garantir l’indépendance du médiateur fédéral mais aussi assurer la crédibilité et l’impartialité à l’égard des tiers qui le saisissent ». « Désigné en 2001 par une ministre (Isabelle Durant) et pour une période indéterminée », voilà au moins deux critères qui doivent être revus, détaille le ministre, qui entend que la procédure gagne en clarté et en indépendance si elle est le fait d’un recrutement et d’une désignation par le Parlement, pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.
Des missions plus claires
Jean-Luc Crucke se base sur les Principes de Venise (2019) édictés par le Conseil de l’Europe pour protéger et renforcer la fonction d’ombudsman, ou médiateur. Outre une définition claire des missions, le ministre veut que le service, aujourd’hui intégré dans l’administration fédérale, soit plus indépendant fonctionnellement. « Le quatrième élément, c’est de permettre au médiateur d’émettre des avis. Un rôle de commentaire de la politique mise sur pied de manière autonome, sans qu’il en soit requis par qui que ce soit, que ce soit par l’autorité ou que ce soit par un tiers, qu’il puisse le faire de manière autonome », poursuit Jean-Luc Crucke.
« Cinquième élément : la définition de la fin de mission du médiateur qui, aujourd’hui, repose uniquement sur le droit commun. Il faut déterminer une liste exhaustive des conditions claires et raisonnées qui permette de révoquer un médiateur. Sixième élément : l’indépendance budgétaire. Aujourd’hui, la loi dit qu’il faut doter la médiation de moyens nécessaires, ça veut tout dire et rien dire en même temps. Je crois qu’on doit pouvoir réfléchir à une contribution du secteur (aéroports, airlines…) et pas uniquement une contribution dépendante de l’Etat. »
Pour terminer, le ministre ajoute un élément sans doute indispensable : « Dans un dossier avec une telle connotation communautaire, il serait sans doute utile d’avoir un collège de médiateurs bilingues. » Les textes légaux pour modifier le fonctionnement actuel sont en préparation, ils devraient rapidement suivre le cheminement politique traditionnel : projet de loi soumis au gouvernement, avis du Conseil d’Etat… A la suite de cela, le Parlement devra organiser le recrutement, lancer les appels, etc. La médiation aérienne fédérale « nouvelle formule » pourra alors voir le jour. Avec tous les « si » et les aléas que suscite ce dossier au niveau politique.
