NON au survol intensif de la Région de Bruxelles Capitale

Chers membres, chers sympathisants, chers citoyens bruxellois

Nous recevons souvent, via vos mails, des demandes pour disposer d’une lettre-type à envoyer aux politiciens en charge du dossier du survol de Bruxelles.

Depuis que M.Bellot a remplacé Mme Galant comme ministre de la mobilité, nous avons demandé à être reçus par lui mais sans succès jusqu’à présent. Nous comprenons évidemment qu’il doit se mettre au courant de ce dossier éminemment difficile et explosif. Par contre ses premières déclarations à la chambre nous inquiètent : il parle d’appliquer les accords gouvernementaux de 2008 et 2010 (qui ont mené au catastrophique Plan Wathelet) et n’a pas abandonné le projet de Vliegwet qui va bétonner les routes actuelles et le système préférentiel d’utilisation des pistes.

La lettre -type que nous vous proposons est un exemple mais pas un modèle .Vous pouvez vous en inspirer pour interpeller le ministre et y ajouter votre grain de sel personnel.

Vous pouvez soit l’envoyer par mail à l’adresse suivante : francois.bellot@bellot.fed.be ou l’envoyer en version papier par la poste à l’adresse suivante : François Bellot Ministre de la mobilité Rue Ernest Blerot,1 B-1070 Bruxelles

Cordialement,

asbl Bruxelles Air Libre Brussel

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Monsieur le Ministre,

La directive européenne (EEV Règlement EU 598/2014 …) entre en application ce 13 juin 2016. Ce règlement fixe des règles pour introduire des restrictions d’exploitation, de façon à contribuer à l’amélioration de l’environnement sonore et à limiter le nombre de personnes survolées.

Nous, citoyens bruxellois, sommes plus de 500.000 à souffrir des nuisances sonores et atmosphériques de l’aéroport de Zaventem. Il a été démontré par plusieurs expertises que Brussel Airport était le plus mauvais élève d’Europe en raison de sa proximité d’une ville d’un million d’habitants et le peu d’efforts faits depuis toujours pour limiter le survol de cette ville densément peuplée. La Région de Bruxelles-Capitale (RBC) vient aussi d’être pointée du doigt par l’Europe comme une des régions les plus polluées, et le transport aérien participe à cette pollution.

Depuis des années, nous mettons tout en œuvre pour faire entendre notre voix via les associations qui nous représentent comme l’ASBL Bruxelles Air Libre, le mouvement citoyen « Pas Question » ou le groupe de réflexion « Cœur Europe », et qui toutes luttent dans le même sens pour réduire le survol de la RBC.

Au travers de toutes ces manifestations, ces habitants se sont toujours accordés pour dire que :

  1. L’aéroport de Zaventem devrait être relocalisé ailleurs pour pouvoir se développer : il est en effet très mal situé, juste à 2 km au nord-est des limites de la RBC, zone la plus peuplée du pays.
  2. Si votre gouvernement n’entend pas délocaliser cet aéroport, celui-ci devrait alors accepter les contraintes suivantes pour préserver l’habitabilité de la Région et son environnement.
    1. La suppression des vols de nuit ou à tout le moins l’extension de la nuit de 22h à 7h.
    2. La suppression de la route du canal et le resserrement de la route du virage à gauche.
    3. Le recul de 2km de la piste 25L qui permettrait de virer plus rapidement et d’éviter complètement le survol au décollage de la RBC et des zones denses de la périphérie.
    4. Des procédures de décollages précises et contrôlées qui minimisent les nuisances sonores (gradient de montée, noise abatment procedure, etc.)
    5. Le plafonnement du trafic à 220.000 mouvements par an, ce qui implique :
      1. La limitation des vols vers les villes situées à moins de 4h de TGV:
      2. la délocalisation des activités de fret cargo vers les aéroports régionaux.
      3. d’empêcher de transformer Zaventem en hub international.

Ces propositions sont explicitées dans le Plan durable pour l’aéroport, rédigé par « Pas Question », finalisé en octobre dernier et destiné à alimenter les réflexions des décideurs. Ce plan respecte une Approche Equilibrée.  Son application permettrait d’atteindre une « stabilité opérationnelle » et une « paix concertée » avec l’ensemble des Régions.  Pourquoi encore attendre ?  Faut-il qu’un avion s’écrase sur Bruxelles ? La situation reste insupportable et alimente le ressentiment vis-à-vis de la classe politique dans son ensemble. Les Bruxellois ne se sentent pas défendus et sauront s’en souvenir.

Monsieur le Ministre, ce n’est pas l’aéroport de Zaventem qui est essentiel pour l’économie et l’emploi du pays, mais le transport aérien. Que celui-ci se développe, au-delà des clivages communautaires, sur les plateformes de Zaventem, de Liège,  de Charleroi ou d’Ostende ne change rien sur le plan de l’emploi ou de l’économie du pays.

Monsieur le Ministre, la Région de Bruxelles Capitale ne sera pas l’espace aérien mis à disposition de BAC pour se développer au détriment de la santé de sa population et au profit d’actionnaires étrangers, australiens et canadiens.

Avec nos salutations distinguées