L’association Bruxelles Air Libre Brussel demande la fermeture temporaire de l’aéroport tant que le vent de nord-est perdure.

Depuis plusieurs semaines, une nouvelle procédure et une nouvelle piste sont utilisées régulièrement pour atterrir à Zaventem.
Des milliers de nouvelles familles victimes de survols intenses voient leurs journées transformées en cauchemar et leurs nuits en enfer. L’association Bruxelles Air Libre Brussel demande la fermeture temporaire de l’aéroport tant que le vent de nord-est perdure.

A cause du crash dimanche et du vent dominant temporaire du nord-est, la piste 07L est mise en usage de façon permanente toute la journée et depuis dimanche 25 mai pour la toute première fois même toute la nuit. Des milliers de familles ne bénéficient plus d’un environnement diurne normal et voient leur sommeil perturbé durant une grande partie de la nuit.
De très nombreuses plaintes ont été enregistrées qui émanent de nouveaux survolés protestant contre cette nouvelle route concentrée, à commencer par le Pajottenland où les gros porteurs entreprennent de s’aligner 350 fois par jour (toutes les deux à trois minutes) pour atterrir au-dessus de Bruxelles.

Pour ce qui est de la Région de Bruxelles-Capitale, en général, ce sont principalement les communes et quartiers du nord-est qui sont impactés par les survols qui se suivent quasi sans discontinuer. Décollages contre vent d’ouest au départ de la piste 25R en direction du centre de Bruxelles d’une part avec virage à gauche avant le boulevard Lambermont à Schaerbeek pour repartir en direction de Zaventem (balise de Huldenberg) via Etterbeek et les trois Woluwé, et d’autre part avec virage à droite vers Neder et Laeken. A cela s’ajoute pendant le week-end la fameuse « route Chabert » (quelque 80 appareils) en plus des gros porteurs qui traversent la région bruxelloise de part en part d’est en ouest (voir schéma joint : atterrissages 07L)

Qu’est-ce qui se passe de nouveau ?
Par vent d’est (à peu près 20% de l’année), c’est traditionnellement la piste 02 qui est employée (de Waterloo vers Zaventem). Le cabinet Schouppe expérimente depuis trois semaines une nouvelle procédure qui fait atterrir les avions d’ouest en est. La particularité des atterrissages est que les appareils s’alignent à une très grande distance dans l’axe de la piste d’atterrissage, ce qui signifie que les atterrissages sont entamés au-dessus de divers quartiers de Koekelberg via Jette, Molenbeek, Laeken, Bruxelles-centre, Schaerbeek, Evere, Haren et Diegem en ligne droite sur la piste 25R qui s’appelle alors 07L.
(Pendant que nous écrivons ce communiqué, la piste 07R est mise en service ce lundi 27 mai, une piste qui menaçait déjà en 2004, mais qui n’a été mise en service que exceptionnellement – [http://www.bruairlibre.be/article.php3?id_article=399->http://www.bruairlibre.be/article.php3?id_article=399])

Ces survols se font à une hauteur variant entre 500 mètres (Koekelberg) et 150 mètres (Diegem).
Cette procédure d’atterrissage au travers de Bruxelles offre deux avantages :
Les habitants se trouvant entre Waterloo et Zaventem sont soulagés, ce qui est politiquement intéressant.
L’exploitant de l’aéroport peut augmenter la capacité d’utilisation en employant des pistes parallèles (combinaison 25R-25L ou combinaison 07L-07R), car l’emploi de pistes croisées engendre des retards dans les schémas de vol.
Par contre cette route crée des milliers de nouvelles victimes en pleine ville qui voient leurs journées et leurs nuits totalement perturbées.

Rien n’empêche les autorités fédérales de réorienter la plus grosse partie des nuisances sur la région bruxelloise, le maillon politique le plus faible, comme cela s’est produit de plus en plus souvent ces dernières années avec une demie douzaine de nouvelles routes sur la région la plus densément peuplée du pays. Rien ne les oblige à indemniser les citoyens les plus touchés par ces nuisances par des mesures d’isolation ou d’expropriation, rien ne les oblige à mettre en œuvre une politique cohérente d’aménagement du territoire. Les rares zones encore faiblement peuplées autour de l’aéroport continuent d’être loties et bâties jusqu’au seuil et au bout des pistes.

Depuis qu’elle exige des astreintes, l’association Bruxelles Air Libre Brussel, qui défend la cause des habitants de la région bruxelloise, a l’oreille de la presse « nationale ». Elle n’est pourtant pas parvenue à obtenir une amélioration du sort des citoyens bruxellois et n’a pas encore touché un eurocent. Il est à craindre qu’il passera encore des armadas d’avions au-dessus des maisons bruxelloises et brabançonnes avant que les autorités se rendent compte que cet aéroport, du fait de son implantation désastreuse – à 10 km de la Grand-Place de Bruxelles et à l’est de la ville – ne peut être autre chose qu’un city-airport desservant le coeur de l’Europe, sans vols de nuit, sans fret, sans low-cost… et certainement pas le deuxième portail logistique de la Flandre.

A moins qu’un nouveau crash se produise, non plus dans l’enceinte de l’aéroport, mais dans un quartier résidentiel bruxellois…
Pour l’instant, l’association Air Libre exige la fermeture immédiate de l’aéroport tant que le vent de nord-est se maintient.